Retraite

Retraite des enseignants : une bonne nouvelle pour les professeurs, mais à quel prix ?

Retraite des enseignants une bonne nouvelle pour les professeurs, mais à quel prix

La bonne nouvelle est enfin tombée : des trimestres supplémentaires sont prévus pour les professeurs formés dans les années 1990. Ils avaient perçus l’allocation d’enseignement durant leur formation à cette époque. Voici tout ce qu’il faut retenir sur cette mesure favorable.

Une bonne nouvelle pour environ 30 000 professeurs

Paru en décembre 2023 au Journal officiel, le décret 2023-1355 permet désormais la prise en compte pour moitié des périodes de perception des allocations d’enseignement pour la constitution du droit à la pension et la liquidation de celle-ci. Autrement dit, une année de perception sera comptabilisée pour 6 mois de plus à l’indice de fin de carrière. Imposées depuis 20 ans, les décotes (grandissantes) seront limitées.

En tout cas, ça fait déjà 32 ans que les enseignants concernés attendent l’arrivée de cette mesure. Il y a près de 30 000 professeurs qui pourront en profiter. Pendant les années 1990, ils avaient suivis des formations en IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres). En parallèle, ces professeurs touchaient l’allocation d’enseignement dont le montant était fixé à 50 000 francs en moyenne. A l’époque, cette aide était versée pendant deux années au maximum.

Grâce à cette mesure, des trimestres supplémentaires vont être ajoutés. Cela signifie que le niveau de pension sera rehaussé. Les enseignants concernés pourront d’ailleurs partir à la retraite plus tôt avec le taux plein.

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Bien qu’elle soit favorable, cette mesure ne permet pas de prendre en compte la totalité du temps de perception de l’allocation d’enseignement dans les droits à la retraite des professeurs allocataires. En effet, les pouvoirs publics prennent en considération seulement la moitié de cette période, soit 4 trimestres au maximum au lieu de 8 (pour deux ans d’allocation).

L’Unsa enseignants a déjà donné des estimations du gain pour les futurs retraités concernés par cette mesure. Selon les parcours, il pourrait représenter plusieurs centaines d’euros à plus de 2 000 €/an.

Des démarches plutôt contraignantes !

L’ajout de trimestres supplémentaires reste une nouvelle réjouissante pour les professeurs éligibles. Quoi qu’il en soit, cette mesure s’accompagne de quelques inconvénients. Afin d’en bénéficier, les agents en fonction ou déjà retraités devront réaliser des démarches administratives. Et, elles s’annoncent plutôt contraignantes.

Notons que la loi initiale date de 1991. Ce n’est pas évident de conserver les justificatifs pendant trois décennies. Il est fort probable qu’ils soient perdus ou détruits. Le cas échéant, les agents concernés vont être privés de leurs droits. L’Unsa propose la mise en place de cellules d’aide dans les rectorats. Jusqu’ici, aucune réponse concluante de la part de l’exécutif n’a pas encore été reçue.

D’autant que des délais sont prévus concernant la demande d’intégration des trimestres manquants. Plus précisément, elle doit être faite au plus tard 12 mois avant la date de départ à la retraite.

Les enseignants déjà retraités devront effectuer leur demande à l’Education nationale avant le 28 décembre 2024.

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Julien

Julien Delarche

Journaliste spécialisé sur l'actualité Senior et Investissement / Retraite.
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