Privatisation de la FDJ : est-ce une bonne affaire ?

La privatisation de la FDJ se fera d’ici le mois de novembre 2019. Si au départ, l’Etat est détenteur de 72% du capital de la Française des jeux, il ne pourrait avoir que 20% tout au plus, étant donné que les paris physiques et les jeux de grattage resteront monopole de l’enseigne. Ce retrait des pouvoirs publics va diminuer les dividendes qu’il va recevoir en tant qu’actionnaire. Aussi l’offre se veut d’être particulièrement alléchante étant donné que pour 10 actions acquises, l’acquéreur aura droit à une action gratuite (à condition d’être détenue pendant 18 mois), avec une décote de 2% à l’appui.

La privatisation de la FDJ : pourquoi une opposition des parlementaires ?

FDJ ; opposition des parlementaires Au niveau de l’Assemblée Nationale, les voix se divisent, si la majorité est pour ce contrat de privatisation, d’autres en revanche ont souhaité déposer des amendements, malheureusement non recevables. Pourquoi cette volonté de s’y opposer ? Selon eux, la privatisation de la FDJ provoquerait une perte financière importante.

Il est à noter que la FDJ est tout de même le 2ème acteur de loterie en Europe avec presque 30 millions de joueurs et 15 milliards de CA, dont 89 millions de dividendes à l’Etat il y a 2 ans. Pour dire que ces chiffres sont conséquents. A cela s’ajoute une participation à la croissance du PIB et une contribution non négligeable au budget de l’Etat grâce aux divers prélèvements comme la TVA, la CSG, le fisc ou encore le CRDS. Toutefois, le commissaire aux participations de l’Etat, Martin Vial, assure qu’une privatisation n’engendrera pas de perte à l’Etat, du moins, pas de pertes importantes.

Quel est donc l’intérêt de l’Etat dans cette privatisation ?

Les fonds que pourraient recevoir l’Etat suite à cette privatisation, peuvent monter jusqu’à 1.5 milliards d’euros. Ce montant viendra alimenter le Fonds pour l’industrie et l’innovation émis par le gouvernement en janvier 2018 (doté déjà de 10 milliards d’euros). Comme la privatisation de l’aéroport de Paris, il faut savoir que celle de la FDJ a suscité de nombreuses réactions. Créée en 1976, elle a accompagné le lancement du Loto national et constitue une vraie bonne affaire.

Pourquoi ? Car en 2019, son CA est en constante évolution, avec un bond à 1.8 milliard d’euros. Malgré la crise qui subsiste, les français aiment jouer et parier. En 10 ans, les mises ont tout de même augmenté de 62%. Ce qui attire le plus de joueurs ? Les jeux de loterie bien évidemment avec 83% des mises contre 16% seulement pour les paris sportifs.

LA FDJ une valeur sûre ou non ?

LA FDJ une valeur sûre ou nonIl faut savoir que les dividendes perçus par l’Etat il y a deux ans sont de l’ordre de 90 millions d’euros, avec une forte croissance tout au long de l’année. La privatisation serait donc une fausse bonne idée ? L’Etat met un point d’honneur à expliquer qu’il est obligatoire de se désendetter, de plus, la taxe sur le jeux d’argent, qui continuent de courir, rapportent plus gros que les dividendes. Rien qu’en 2018, les prélèvements publics étaient de 3.3 milliards d’euros.

Au lieu donc de maintenir son capital sur une valeur sûre comme la Française des Jeux, l’Etat souhaite donc investir dans un fonds avec plus de rendement dont le fonds pour l’innovation qui peut rapporter jusqu’à 200 à 300 millions d’euros. Et afin de surveiller au maximum l’addiction au jeu, la Française des Jeux sera administrée par l’Autorité des jeux en ligne, fondée en 2010.

Julien Delarche

Julien Delarche

Journaliste spécialisé sur l'actualité Senior et Investissement / Retraite. Vous avez une idée d'article d'actualité ? Contactez moi, pour en discuter.