Donations : ces seniors qui ont marqué leur commune !

Il arrive parfois que la rubrique faits divers de nos journaux ne comporte pas que des événements tragiques. Entre les articles traitant de la criminalité, des accidents de la route et des menus larcins, on peut aussi trouver des histoires émouvantes ou réjouissantes, faites de beaux gestes, d’héroïsme et de solidarité… On y voit alors apparaître la générosité des uns, l’abnégation des autres et, plus simplement, les actions hors du commun de citoyens ordinaires…

Récemment, la presse s’est fait l’écho de certains d’entre eux. Ils n’avaient jusqu’alors jamais défrayé la chronique mais d’un simple geste, ils ont changé le quotidien de plusieurs centaines de personnes dans une ville ou un village. Ils s’appelaient Simone Ferry-Guiho, Raymond et Claude Bru, René Theuliéras, Bernard Lecointe…Et si leurs noms ne vous disent peut-être rien, ils ont pourtant en commun d’avoir légué tout ce qu’ils avaient à leur commune.

Des « cadeaux » tombés du ciel

L’histoire s’est répétée dans les communes de différents départements tels que le Morbihan, l’Orne et la Dordogne. Chacune d’entre elles se réveillant un beau matin, plus riche de quelques centaines de milliers d’euros, voire même de plusieurs millions. Elle débute d’ailleurs toujours de la même manière, celle de la visite d’un notaire, porteur de la surprenante nouvelle à la mairie.

En Bretagne, c’est le village de Saint Congard et de ses 781 habitants, qui s’est vu désigner comme légataire universel de Simone Ferry-Guiho, décédée au mois de novembre dernier à l’âge de 90 ans. Daniel Brulé, maire de la petite bourgade, apprenait alors que son ancienne administrée, veuve, fille unique et sans enfants, venait de léguer au village la bagatelle de 800 000 euros, une maison dans les Vosges ainsi que plusieurs terrains agricoles ! Pour une commune dont le budget annuel de fonctionnement était jusqu’alors de 600 000 euros, cette manne inattendue mit le conseil municipal devant une question que toute mairie aimerait se poser : que faire de cet argent ? Si, bien entendu, Monsieur le maire a d’ores et déjà promis qu’un hommage serait rendu à la bienfaitrice, il a par ailleurs indiqué que l’ensemble des habitants seraient concertés.

En Normandie, c’est à la générosité des frères Bru, qu’ont pu goûter les 826 habitants de Saint-Germain-de-la-Coudre. Raymond, ancien coiffeur qui vivait modestement était le dernier vivant de la fratrie, il s’est éteint en décembre 2012 à l’âge de 85 ans. Sans héritier, il avait pris soin de rédiger ses dernières volontés en faveur du village, des volontés estimées à environ 2,2 millions d’euros ! Cette somme à permis à Danièle Mary, maire de la commune, de construire de nouvelles classes pour l’école et de financer un autre gros projet, celui de l’aménagement du centre bourg. En échange de quoi, la commune accepta l’obligation que revêtait ce legs :   Conserver au minimum 100 ans les habitations des deux frères, clause qui fut bien sur acceptée par l’ensemble du conseil municipal.

En Aquitaine, le village périgourdin d’Azerat, proche des célèbres grottes de Lascaux, fût lui aussi tout surpris de se voir attribuer la fortune insoupçonnée de René Theuliéras, l’un de ses anciens habitants décédé en septembre 2012 à la maison de retraite de Thenon (un bourg voisin). Dans un village où comme tant d’autres, les dotations de l’Etat ont tendance à diminuer, les 400 000 Euros de celui dont on disait qu’il avait une sainte horreur du gâchis, permirent au maire, Claude de Fleurieu, ainsi qu’à son équipe, de rénover les fenêtres de la mairie qui abrite également l’école (pas pour faire joli, mais économiser sur le chauffage), d’entamer la restauration du bâtiment du cantonnier, d’une partie des routes ainsi que de la piscine municipale.

Une manne financière aussi pour les grandes villes

A Narbonne, c’est la somme très précise de 476.792,43 Euros ainsi qu’une maison d’habitation estimée à 185 000 Euros qui ont été léguées. Patrick Nappez, chargé de mission au cabinet du maire Jacques Bascou, a indiqué que ce legs émanait de Bernard Lecointe, une personne dépendante qui, par ce geste, a voulu manifester sa gratitude envers le Centre Communal d’Action Sociale qui s’était occupé de lui. Néanmoins, la cité audoise ne pourra compter que sur la moitié de cette somme (quotité disponible) car contrairement aux autres donateurs évoqués, monsieur Lecointe a un héritier naturel, à qui il devra transmettre au moins la moitié de ses biens (réserve légale).

Plus habitué à ce que la ville reçoive des donations d’œuvres d’art, Patrick Nappez a précisé que pour l’heure, le conseil municipal n’avait pas statué sur l’utilisation détaillée de ces fonds. Il a cependant assuré que conformément aux exigences du donateur, l’argent serait consacré intégralement au financement d’actions et d’opérations en faveur des Narbonnais les plus défavorisés. Nul doute que ces derniers, tout comme les habitants des autres communes citées, veilleront à ce que les noms de leurs bienfaiteurs ne soient pas oubliés.