Assurance-vie : comment piocher dans son épargne en cas de besoin ?

Un temps délaissée au profit du livret A, l’assurance-vie est redevenue le placement préféré des Français, au point de représenter 50% de leur épargne en 2014. Les ménages reviennent d’ailleurs massivement à ce système qui leur offre une fiscalité attractive, un large panel de solutions d’investissement et une relative souplesse des contrats. Cependant, avec la crise, il devient de plus en plus difficile de bloquer ses économies à long terme. Heureusement, en cas de besoin, il est toujours possible de piocher dans ses réserves, voici comment…

A l’heure actuelle, il existe quatre modes de sortie plus ou moins adaptés en fonction de votre situation personnelle mais encore faut-il savoir les différencier car toucher au capital de plusieurs années d’épargne n’est pas sans conséquences. Aussi, avant de vous lancer, il est indispensable de relire assidûment les clauses de votre contrat pour vous assurer de faire le bon choix.

Le rachat partiel

Cette solution consiste à retirer une partie seulement du capital en laissant le solde investi. Ce dernier continue à profiter des avantages fiscaux acquis dans la durée (exonération d’impôt sur le revenu ou de droits de succession). C’est souvent la formule à privilégier pour faire face à un besoin d’argent ponctuel.

Chaque rachat partiel comprend à la fois une part du capital initial (vos versements antérieurs) et une part d’intérêts et/ou de plus-value, cette dernière étant la seule à être imposable. Elle peut même échapper à l’impôt si votre contrat a plus de huit ans et que vous ne retirez pas plus de 4.600 euros par an (9.200 euros pour un couple marié). Si votre assurance-vie a moins de huit ans, les gains retirés (intérêts et/ou plus-values) seront imposables à 35% pour un contrat de moins de quatre ans et à 15% s’il a entre quatre et huit ans. Néanmoins, en raison de la faible part des intérêts dans les contrats récents, la somme due restera assez faible.

Certains contrats d’assurance-vie permettent d’automatiser le rachat partiel de manière à vous apporter un complément de revenu régulier, versé directement sur votre compte bancaire, en général chaque trimestre. Vous devrez toutefois respecter un montant minimal de rachat et laisser quelques centaines ou milliers d’euros au capital.

Sachez que la mise à disposition de la somme est parfois très tardive selon la compagnie, celle-ci ayant jusqu’à deux mois après la demande pour la libérer (délai maximal prévu par la loi). Cependant, les conditions générales du contrat peuvent prévoir un délai plus court, de même si vous entretenez de bons rapports avec votre assureur ou votre banquier et lui faites part de l’urgence de votre situation, il est possible que ce dernier tente d’accélérer le processus. N’oubliez pas que l’opération est toujours plus rapide pour le rachat de fonds en Euros que ceux souscrits en unités de compte (actions).

Votre demande devra être adressée par lettre AR, vous y indiquerez à votre assureur ou à votre banquier que conformément à l’article L.132-23 du code des assurances vous souhaitez effectuer un rachat partiel pour une somme donnée. Joignez à votre courrier la copie de votre contrat ou à défaut, votre numéro de police et sa date, ainsi qu’un relevé d’identité bancaire.

L’avance sur épargne

Souvent ignorée (à tort), l’avance est destinée à vous dépanner lors d’un besoin d’argent momentané, les sommes reçues devant être remboursées. En bref, elle s’apparente à un prêt sur votre épargne consenti par votre assureur. Principal avantage de cette option, elle revient bien moins cher que si vous contractiez un crédit à la consommation. De plus, elle n’entraîne aucune imposition ni aucun frais lors de son remboursement. Cette avance peut porter sur 80 % de votre capital investi dans le fonds en Euros, et 60 % si votre argent est placé dans des supports en unités de compte.

Généralement, une avance peut durer jusqu’à trois ans et être renouvelée une fois, soit un total de six ans (si vous ne la remboursez pas, l’assureur la transformera en retrait partiel). Sur de longues durées, le coût de l’avance peut devenir plus important et par conséquent, l’opération devient moins rentable. Les assureurs conseillent de ne l’utiliser que pour une période de moins d’un an. Evitez aussi de la prélever sur un contrat investi en unités de compte, car si leur valeur baisse entre temps, vous devrez rembourser la différence. Avant de demander une avance, il est préférable de prendre rendez-vous avec votre assureur ou de lui demander une simulation par écrit (toujours par lettre AR).

Le rachat total

Ce procédé met fin à votre contrat. Vous récupérez donc tout l’argent placé dans votre assurance-vie, mais vous perdez définitivement les avantages acquis grâce à l’ancienneté. Il est souvent préférable de procéder à un retrait partiel du montant maximum autorisé et de conserver quelques Euros pour maintenir votre contrat en vigueur au cas où vous souhaiteriez réinvestir plus tard, sauf bien sûr si vous avez décidé de faire jouer la concurrence et d’aller voir ailleurs.

En procédant à un retrait total, vous serez soumis à la fiscalité sur les gains dégagés, toujours si votre contrat a moins de huit ans. Au-delà de huit ans, s’il a généré plus de 4.600 euros d’intérêts (9.200 euros pour un couple marié ou pacsé) vous serez imposable sur l’excédent au taux de 7,5%. Il est bon à savoir que lorsque vous rachetez votre contrat avant l’échéance des 8 ans, vous perdez les intérêts sur l’année en cours. Si vous le pouvez, choisissez le mois de janvier pour racheter votre assurance vie.

La transformation du capital en rente viagère

Cette démarche est irréversible et consiste à céder l’épargne que vous avez constituée à votre assureur, votre capital et ses intérêts ne vous appartiennent donc plus. En échange, vous recevrez une somme d’argent tous les trimestres ou tous les ans jusqu’à la fin de vos jours. L’opération comporte un risque. En effet, si vous décédez peu de temps après avoir opté pour la rente, votre assureur sera gagnant et n’aura rien à verser à vos héritiers. En revanche, si vous vivez longtemps, vous percevrez au final des sommes bien plus importantes que la valeur initiale de votre épargne.

Cette transaction devra faire l’objet d’un nouveau contrat entre votre assureur et vous-même. Vous devrez le contacter pour une prise de rendez-vous.